Édition 2040 — Mot de l'auteur

Mesdames, Messieurs, je vous ai compris !

J'ai lu attentivement vos nombreux commentaires sous mon dernier guide et vos demandes de reconduire l'aventure, une fois de plus, dix ans plus tard. J'ai longtemps hĂ©sitĂ©, ne pensant plus ĂȘtre au sommet de ma forme, ni ĂȘtre Ă  la hauteur de la tĂąche.

Finalement, aprÚs mûre réflexion, j'ai décidé de prendre mon courage à deux mains et parcourir à nouveau Fluville, de haut en comble et de bas en travers.

Et vous le verrez trĂšs bientĂŽt, en dix ans, il s'en passe des choses !

Alors venez découvrir les bonnes cachettes et les bons tuyaux.

Sans plus attendre et en vous remerciant d'avance pour votre soutien, je vous prĂ©sente — en exclusivitĂ© sur que-faire-a-fluville.fr — le guide touristique de Fluville (Édition 2040).

À noter que cette revue est aussi disponible en format papier ! N'hĂ©sitez pas Ă  en commander un pour vos grands-parents !

— M.D
Note sur l'auteur

Avant d'entamer le voyage, faites connaissance avec votre guide.

Je m'appelle Mathieu Darne. J'ai 36 ans mĂȘme si j'en fais 20 (c'est une blague has-been et jeuniste, je sais).

Je suis nĂ© Ă  Fluville et j'y ai passĂ© la plus grande partie de ma vie — j'adore cette ville ! Elle change rapidement, elle est dynamique. TrĂšs vite, je me suis passionnĂ© pour le journalisme de spontanĂ©itĂ© : couvrir les Ă©vĂ©nements, ĂȘtre lĂ  en premier pour traiter une nouvelle.

C'est dans cette optique que j'ai intégré l'école de Journalisme de Fluville en 2025, et trois ans plus tard, j'ai rejoint un prestigieux quotidien local : le Flu-gazette, dans lequel je travaille encore aujourd'hui (je suis indispensable).

En parallÚle, pour partager ma passion de l'exploration urbaine et parce que, selon moi, le Flu-gazette ne parlait pas assez de tourisme, j'ai décidé de lancer mon propre site avec sa petite rédaction interne : que-faire-a-fluville.fr.

GrĂące Ă  vous — ou peut-ĂȘtre Ă  vos parents pour les plus jeunes lecteurs — j'ai pu assurer le maintien de ce site oĂč j'ai concoctĂ© avec amour des centaines d'articles et de recommandations pour profiter au maximum de notre belle ville. Puis j'ai bien sĂ»r publiĂ© la clĂ© de mon succĂšs, la bible de Fluville : le guide touristique de Fluville (Édition 2030).

J'espĂšre qu'avec cette dĂ©clinaison rafraĂźchie, je rendrai honneur Ă  l'Ɠuvre originale et ne m'inscrirai pas dans la triste et longue liste des suites inutiles.

Comme d'habitude, vos commentaires et vos critiques seront les bienvenus dans l'espace dédié en bas de page. J'espÚre que vous prendrez autant de plaisir à lire ce guide que j'en ai pris à l'écrire.

Avec tout mon amour, — M.D
Introduction

Oh non, encore un paragraphe explicatif.

Bon, promis, c'est le dernier — aprĂšs, je ne vous embĂȘte plus.

J'ai dĂ©cidĂ© d'organiser ce guide en « spots ». Un « spot » est un affreux anglicisme (mes lecteurs quĂ©bĂ©cois, ne me mangez pas) qui signifie « lieu ». Je l'aime beaucoup car il a une connotation familiĂšre et malicieuse — « spot », ça fait le petit endroit dont vous seul connaissez le secret.

Chaque page décrira donc un spot, d'une maniÚre plus ou moins académique. Je vous exposerai le lieu, son histoire, comment s'y rendre et les choses que vous pourriez y découvrir.

Je tiens Ă  m'excuser auprĂšs des puristes : je sais que cette organisation n'est pas tout Ă  fait la mĂȘme que dans le guide de la dĂ©cennie passĂ©e, mais je tiens Ă  les rassurer — ce nouveau modĂšle est plus cohĂ©rent et tient du dĂ©but Ă  la fin.

Allez, j'avais dit que c'était le dernier. Bonne lecture !

— M.D
Les spots — Édition 2040
1
Patrimoine · Histoire

Le Pont des Soyeux

Le lieu incontournable de Fluville. Une vue panoramique sur la ville entiÚre, chargée d'une histoire ouvriÚre bouleversante.

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2
Urbex · Exploration

L'Ancien siĂšge de Flusoft

Pour les amateurs d'exploration urbaine. Les ruines partiellement calcinées d'une multinationale technologique, entre décor dystopique et curiosités.

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3
Gastronomie · Restaurant

Le « Flu-Gourmet »

Un restaurant étoilé accessible, à l'ambiance bar new-yorkais des années 1960. Spécialité locale : la Flu-ûte. Pensez à réserver !

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4
Architecture · Littérature

La maison d'édition « Flufeuilles »

Un bùtiment du XVIIIe siÚcle remarquablement conservé, sur les rives du Fluone. Un détour architectural qui s'intÚgre parfaitement à une balade sur les quais.

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5
Musée · Insolite

Le musée de l'ambassade des « To »

L'ancienne ambassade d'une race extraterrestre reconvertie en musĂ©e. EntrĂ©e ~10 € (gratuit moins de 26 ans). À deux pas du Pont des Soyeux.

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6
Patrimoine · Antiquité

Ruines romaines de Flugudum

Vestiges incroyablement bien conservĂ©s de l'antique Flugdunum. MusĂ©e gratuit, concerts en amphithéùtre l'Ă©tĂ©. À dĂ©couvrir depuis la Flucolline.

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7
Musée · Technologie

Musée de la robotique et de l'androïde

Une galerie privée retraçant l'histoire de la robotique à Fluville. Prototypes autonomes, plans d'ingénierie et activité exosquelette. Déconseillé aux moins de 14 ans.

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8
Shopping · Insolite

Le « Flumall »

Un centre commercial monumental à l'esthétique liminal space assumée. Décor du film The Entre-deux States. Accessible depuis 4 stations de métro.

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9
Gastronomie · Boisson

Le « Flusmoothie »

L'enseigne de smoothies de l'entrée du Flumall. Des saveurs classiques aux créations conceptuelles, dont le mystérieux « liminal space ». Une expérience gustative unique.

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10
Nature · Mémoire

Le parc des lumiĂšres disparues

Un parc municipal d'une verdure flamboyante, en hommage Ă  Paul. Lac, pĂ©dalos, canards, et course d'androĂŻdes chaque annĂ©e. ArrĂȘt « LumiĂšre » mĂ©tro 2.

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Fluville Tourisme Guide 2040 Gastronomie Culture Patrimoine
Espace commentaire
Flutravaller
GĂ©nial ! J’ai hĂąte de courir sur ce circuit de 10 spot !
Flu-Gazette (officiel)
Incroyable comme toujours Mathieu. Garde comme meme un peu de ton talent journaliste pour flu-gazette, haha, on va se faire dépasser sinon
Mathieu Darne Auteur
Tu sais bien que je suis loyal
Fluhater
Une version rafrachi ? Toi tu veux arrondir tes fin de mois on dirait...
Parti communiste Fluviliens
« C'est une nouvelle mesure de notre nouvelle maire (il en faut, des choses, pour rĂ©parer les bĂȘtises des deux prĂ©cĂ©dents) » N’en parle pas ! Heuresement qu’on est sorti de cette clownerie politique
Meme Serket Lacombe
Noor Benali
Pas mal du tout cette nouvelle itĂ©ration, dommage que ton site ressemble encore a celui de mes parents ! (et pitiez met la possiblitĂ© d’ajoutĂ© des images de profils).
Bernard Lacombe
Je sais que je ne suis pas trÚs populaire en ligne, je voulais cependant vous féciliter pour votre site et votre engagement auprÚs des fluviens et des fluviennes. Les gens ont besoins de guide comme vous.
Commisaire Gersault
Chouette, je suis Ă©tonnĂ© de ne pas voir le cinĂ©ma 6D de saint-gersault. C’est pas Ă  Fluville mĂȘme mais c’est une experience hors du commun !
Flusmoothie Officiel
Merci pour nous avoir integrĂ© au spot de cette dĂ©cĂ©nie, c’est un honneur ! Nous sommes content que nos smoothie te plaise et pour rĂ©pondre a ta subtile demande, si tu veux bien faire un paternariat pour un article sponsorisĂ© sur Flu-gazette ca sera gĂ©nial
Mathieu Darne Auteur
Ca peut se faire ! Check tes MP
Réseaux de transport en commun fluvilien (officiel)
Comment ça nos lignes ne sont pas fiables ? C’est de la dĂ©information ! Nous avons connu presque aucune panne depuis la rĂ©volution des lampdaires
Parti communiste Fluviliens
Liar Meme
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Spot 1 — Patrimoine · Histoire

Le Pont des Soyeux

On commence par le commencement (oui, c'est un plĂ©onasme — mes amis Ă©crivains ne me mangez pas, j'ai dĂ©jĂ  bien assez d'ennemis comme ça !).

Si vous ne devez voir qu'une seule chose Ă  Fluville, c'est probablement celle-ci. MĂȘme si j'espĂšre que ce ne sera pas le cas et que vous consulterez l'intĂ©gralitĂ© de mon guide, au risque de briser mon petit cƓur.

Pourquoi un pont, me direz-vous ? En gĂ©nĂ©ral, c'est juste une grande passerelle qui relie une rive Ă  une autre, parfois avec une coque un peu artistique. Il y en a partout des ponts, ce n'est pas du tout une spĂ©cificitĂ© de Fluville. À ceux-lĂ , je rĂ©pondrai : vous avez raison. Mais le pont des Soyeux a quelque chose en plus, une espĂšce de singularitĂ© inexplicable que je ne saurais dĂ©crire que lorsque je m'y trouve.

Le pont est intrinsĂšquement agrĂ©able. Le vent souffle dans vos cheveux, il n'est jamais froid ni chaud, il vous caresse juste. La vue est splendide : le quartier d'affaires sur une rive et la partie historique sur l'autre. En un seul panorama, vous saisissez l'intĂ©gralitĂ© de la ville. HonnĂȘtement, c'est une expĂ©rience incroyable que je vous recommande trĂšs fortement. C'est comme si l'esprit de la ville lui-mĂȘme s'insinuait dans votre ĂȘtre et ne vous quittait plus jamais (oui, je voulais devenir poĂšte et, pour le bien collectif, j'ai arrĂȘtĂ©).

Donc, voilĂ , le verdict de sa saintetĂ© a Ă©tĂ© prononcĂ© : vaillant touriste parisien ou asiatique, le pont des Soyeux est votre prioritĂ© numĂ©ro 1. Faites-le avant de commencer quoi que ce soit d'autre — vous verrez.

Maintenant, un peu d'histoire, comme ça les lecteurs fluviens qui nous lisent pourront en apprendre aussi. Le pont des Soyeux a été érigé en 1888 ; il a directement succédé à l'ancien pont à sa place, qui était en mauvais état mais qui s'est vu dynamité lors de la tragique révolution des Soyeux.

En effet, pour survoler rapidement ce fait historique majeur qui a marquĂ© la ville : les travailleurs de la soie, pilier Ă©conomique de la zone, ont dĂ©cidĂ© de se mettre en grĂšve et d'entamer une manifestation mouvementĂ©e. AprĂšs des affrontements dans les rues entre l'État (soutenu par les patrons) et les travailleurs, les pauvres manifestants se sont retrouvĂ©s piĂ©gĂ©s. Alors que leur cortĂšge se trouvait au-dessus du fleuve, les policiers ont bloquĂ© chaque entrĂ©e, coinçant les soyeux au centre. AprĂšs une bataille aussi tragique que cinĂ©matographique, les autoritĂ©s ont fait exploser le pont, qu'ils avaient dynamitĂ© en amont. Les soyeux sont presque tous morts, noyĂ©s dans le froid hivernal du Fluone.

C'est un Ă©pisode tragique qui a mis le feu aux poudres. L'État a essayĂ© de cacher le coup montĂ©, prĂ©textant un effondrement dĂ» au poids et au mauvais entretien du pont. Cependant, la supercherie a rapidement Ă©tĂ© dĂ©masquĂ©e et le maire ainsi que les grands noms de l'industrie de la soie se sont fait trancher la tĂȘte lors d'une rĂ©volution prolĂ©tarienne plus forte et plus dĂ©terminĂ©e. En 1888, aprĂšs deux ans d'affrontements ouverts qui ont marquĂ© les rues de la ville, les soyeux et leur nouvelle administration ont Ă©rigĂ© un pont en l'honneur des disparus : le pont des Soyeux.

Encore aujourd'hui, lorsque vous allez sur l'arche, vous pouvez voir une plaque commĂ©morative qui vous rĂ©sume mieux que moi cette tragĂ©die. Si vous observez l'arche avec attention, vous remarquerez d'Ă©tranges figures humaines (que je trouve personnellement assez flippantes). C'est l'Ɠuvre d'un sculpteur local, elles ont Ă©tĂ© taillĂ©es pour offrir une mĂ©moire aux noyĂ©s.

Ouf ! Je me rends compte en écrivant ces lignes que l'atmosphÚre est un peu lourde. Croyez-moi, si j'étais né en 1888, l'histoire aurait été bien plus fun !

En tout cas, allez au pont des Soyeux. De jour comme de nuit. Évitez juste d'y aller le soir d'un match, ou vous finirez Ă©crasĂ© par une troupe de supporters du FC Flu, ce qui n'est ni la maniĂšre la plus agrĂ©able, ni la maniĂšre la plus glorieuse de quitter ce monde.

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Spot 2 — Urbex · Exploration

L'Ancien siĂšge de Flusoft

⚠ Ce lieu est recommandĂ© aux pratiquants de l'urbex.

Comment parler de Fluville sans Ă©voquer son frĂšre jumeau, son double malĂ©fique : Flusoft ? Je pense qu'il est inutile d'expliquer longuement ce qu'est cette entreprise et dans quel secteur elle opĂšre, tant elle est placardĂ©e partout dans les rues (et mĂȘme sur le front de quelques masochistes).

Pour les personnes qui sortent d'une cryogénisation : Flusoft est une multinationale technologique opérant dans à peu prÚs tout ce qui caractérise un mauvais récit de science-fiction. L'entreprise est trÚs importante sur le plan international et est prétentieusement appelée « le nouveau pilier économique de la ville ».

Jusqu'en 2038, elle avait son siĂšge social dans le quartier d'affaires, avec une imposante tour et une fresque colorĂ©e incroyablement kitsch. Heureusement ou malheureusement, ce bĂątiment a partiellement explosĂ© et brĂ»lĂ© Ă  l'Ă©tĂ© 2038, la canicule ayant favorisĂ© les flammes. L'incendie est Ă©troitement liĂ© Ă  l'affaire du Flubridge, rĂ©solue par notre star locale l'inspecteur Fletcher Hobbles — une histoire bien trop complexe et tirĂ©e par les cheveux pour que je la rĂ©sume ici.

Donc, vous allez me dire : pourquoi diable aller visiter un lieu brûlé ? Et là je m'adresserai presque uniquement à mes collÚgues, partenaires en urbex.

L'urbex (il faut tout expliquer !) est une pratique trĂšs fun mais trĂšs irresponsable qui consiste Ă  aller explorer, avec un casque de sĂ©curitĂ©, des zones urbaines abandonnĂ©es. TrĂšs souvent, il se dĂ©gage de ces vieux lieux une aura presque mystique qui vaut dĂ©finitivement la prise de risque. Si, si, je vous assure — moi-mĂȘme j'Ă©tais trĂšs sceptique mais j'ai finalement sautĂ© le pas.

À l'intĂ©rieur de la structure carbonisĂ©e, on peut voir un dĂ©cor presque dystopique : des restes d'androĂŻdes encore grinçants, des disques optiques partout sur le sol, un vieux paillasson, des bureaux et mĂȘme des documents confidentiels.

Si vous ĂȘtes Ă  l'aise avec l'exploration urbaine et que vous ĂȘtes de passage Ă  Fluville, tentez le coup.

C'est illĂ©gal sur le papier, mais honnĂȘtement, la mairie tolĂšre totalement cette pratique. Personne n'a jamais Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© pour ça. (Si vous y allez sous mes recommandations et vous vous faites coffrer, n'essayez pas de me poursuivre — j'ai un excellent avocat !)

Bref, le siĂšge de Flusoft est intĂ©ressant depuis deux ans. Et franchement, qui n'aime pas voir une prĂ©tentieuse multinationale carbonisĂ©e ? Moi j'adore — je suis peut-ĂȘtre un grand psychopathe, mais Ă  chaque fois que je passe devant, je me dis : bien fait !

Évidemment, l'incident n'a fait aucun mort, sinon vous vous doutez bien que mĂȘme avec tout mon cynisme, je ne me serais pas permis d'ĂȘtre aussi dur.

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Spot 3 — Gastronomie · Restaurant

Le « Flu-Gourmet »

Amis gourmands, prĂ©parez vos estomacs et entraĂźnez vos papilles car la prochaine Ă©tape de ce circuit va solliciter votre sens du goĂ»t. En France et plus gĂ©nĂ©ralement Ă  Fluville, nous avons la chance d'avoir une gastronomie trĂšs dĂ©veloppĂ©e. Personnellement, j'ai toujours Ă©tĂ© un vĂ©ritable sanglier cĂŽtĂ© nourriture — je mange tout ce qui me passe sous la dent avec plus ou moins de conviction — mais pour les gens un peu plus raffinĂ©s, c'est une destination qui s'impose forcĂ©ment !

À quelques mĂštres de la station de mĂ©tro « Flucron », au 211 rue Couffinal, vous pouvez vous y rendre facilement. Une petite enseigne qui dĂ©passe de l'immeuble indique la direction Ă  suivre.

Le « Flu-Gourmet » est un petit restaurant étoilé mais accessible. Il a été fondé en 2013 par le chef étoilé Jeremi Vatriolle et a immédiatement eu un succÚs fou. L'ambiance est soignée et imite celle d'un bar new-yorkais des années 1960 (parfait pour les fans de films noirs ou de polar). C'est donc un restaurant thématique, mais ne vous y trompez pas : on est trÚs loin des établissements qui copient simplement une direction artistique en négligeant les plats. Ici, les mets sont aussi élaborés que les décors.

Le menu y est variĂ©. Vous pouvez prendre un simple burger (mĂȘme si ce serait une insulte), des pĂątes ou bien la spĂ©cialitĂ© locale : la « Flu-Ă»te », qui est une sorte de tarte trĂšs garnie et oblongue. Il y a aussi des sucreries, comme une divine tarte au citron, et des compositions pour les audacieux comme la pizza Ă  l'ananas — personnellement je n'ai pas d'avis tranchĂ©, mais je sais que certains lecteurs ratureront instantanĂ©ment le spot de leur liste, invoquant un fanatisme dangereux et peut-ĂȘtre contagieux.

Le restaurant est bien coté, donc pensez à réserver en ligne ou en vous y rendant directement. Le service est agréable, réactif mais pas envahissant. Vous n'avez donc pas besoin de hurler comme un pacha qui réclame ses offrandes pour demander une carafe d'eau. Ce qui est un petit plus.

Si vous y allez l'été, l'espace est climatisé et devient de ce simple fait l'un des derniers refuges de l'humanité.

À noter que l'inspecteur local Fletcher Hobbles, qui a rĂ©solu l'affaire de la rĂ©volution des lampadaires et l'affaire du Flubridge (dĂ©solĂ© pour ceux qui ne connaissent pas le lore de la ville, c'est une longue histoire), a pour habitude de frĂ©quenter l'Ă©tablissement. Il prend toujours le mĂȘme plat et mange sans un mot, parfois un journal Ă  la main. Il n'a pas l'air de vouloir qu'on le dĂ©range, alors je ne l'ai pas dĂ©rangĂ©. C'est un type gentil mais vraiment solitaire — j'ai essayĂ© de le solliciter de nombreuses fois pour mes articles dans le Flu-gazette, il n'a que trĂšs rarement rĂ©pondu. Ne vous inquiĂ©tez pas, je ne lui en veux pas, il a sĂ»rement ses raisons.

D'ailleurs, pour ceux qui veulent une anecdote (oui, j'adore raconter ma vie) : j'ai un jour conseillĂ© Ă  l'inspecteur de s'intĂ©resser Ă  la politique. La semaine suivante, pour les nouvelles Ă©lections du maire, je l'ai vu dans les urnes. Je dis ca, je dis rien — mais si mĂȘme une pointure comme lui Ă©coute mes conseils, c'est que je dois ĂȘtre sacrĂ©ment sage !

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Spot 4 — Architecture · LittĂ©rature

La maison d'édition « Flufeuilles »

SituĂ©e sur la rive du quartier historique, au bord du Fluone (dont je vous recommande Ă©videmment la balade sur les quais), la maison d'Ă©dition « Flufeuilles » est l'un des nombreux Ă©diteurs locaux. C'est une maison modeste mais rĂ©putĂ©e, qui a publiĂ© plusieurs best-sellers comme Le Palais mental de l'Ă©crivain ou Johnny Falconne et l'affaire des spectres dissonants, Ă©crit par l'inspecteur Hobbles — comme quoi, il est vraiment touche-Ă -tout (un peu comme moi).

Pour les passionnĂ©s de littĂ©rature, l'accueil abrite une sorte de mini-musĂ©e avec quelques Ă©criteaux Ă  lire, mais vous en aurez vite fait le tour. Le vĂ©ritable intĂ©rĂȘt ici est Ă  l'extĂ©rieur, dans l'architecture.

C'est simple : le bĂątiment est sublime ! ÉrigĂ© au XVIIIe siĂšcle et parfaitement conservĂ©, le lieu a une certaine originalitĂ© vraiment frappante. La pierre est parfaitement taillĂ©e, lisse, presque douce. Des statues ornent les balcons : les plus cultivĂ©s reconnaĂźtront qu'elles reprĂ©sentent les diffĂ©rentes personnalitĂ©s littĂ©raires de la ville. Ce mĂ©lange de nĂ©o-classique et de modernitĂ© est un archĂ©type de la singularitĂ© esthĂ©tique de la zone.

Si vous y allez un jour banal Ă  une heure creuse, vous pourrez peut-ĂȘtre parler Ă  M. Flurrati, qui nettoie l'accueil. Je ne l'ai jamais rencontrĂ©, mais beaucoup de gens m'ont dit que c'Ă©tait un type charmant et gentil (et ça, c'est presque un acte politique en 2040 !).

Quoi qu'il en soit, la maison d'Ă©dition est clairement un lieu qui vaut le dĂ©tour — et je dis ça dans le sens littĂ©ral, car en rĂ©alitĂ© vous n'aurez mĂȘme pas besoin de faire de dĂ©tour si vous suivez mes fabuleux conseils et prenez l'itinĂ©raire depuis votre balade sur les berges.

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Spot 5 — MusĂ©e · Insolite

Le musée de l'ambassade des « To »

Celle-ci est un petit peu loufoque, donc elle s'intĂšgre parfaitement Ă  notre guide d'exploration urbaine.

En 2031, une race extraterrestre trĂšs Ă©trange (des sortes de poulpes utilisant des robots comme exosquelette, d'aprĂšs mes informations) a atterri dans le Fluone (c'est peut-ĂȘtre pour ça que l'eau y est si verte).

La zone a rapidement Ă©tĂ© mise sous quarantaine, les autoritĂ©s ont bouclĂ© tous les ponts — inquiĂ©tant le modeste citoyen que j'Ă©tais — et crĂ©ant des embouteillages monstres dans toute la ville (au grand dam des automobilistes, dĂ©jĂ  peu gĂątĂ©s). TrĂšs vite, les mĂ©dias, comme le Flu-gazette, ont pris l'Ă©vĂ©nement pour un canular bien fait. Mais pour une raison ou une autre, l'État ne voulait rien entendre et a laissĂ© l'accĂšs au fleuve fermĂ© pendant des jours. MĂȘme mon gilet « PRESS » ne me permettait pas d'entrer. Quelle misĂšre.

Quelques jours plus tard, les ponts ont subitement rouvert et la mairie a fait comme si rien de tout ça ne s'était passé. Dans le quartier historique, un vieux bùtiment semblait avoir changé.

C'est un immeuble bas de type haussmannien, rĂ©quisitionnĂ© pour faire l'ambassade des « To », la fameuse race alien qui a fait tant couler d'encre. Ils ont finalement ouvert leur local Ă  la presse — je m'y suis prĂ©cipitĂ© avec mes collĂšgues de Flunews et de L'Écho de Fluville. Le diplomate alien a tenu une confĂ©rence de presse de deux heures. Il ne mĂąchait pas ses mots et avait probablement appris la diplomatie sur Mars. Il nous a qualifiĂ©s, en tant qu'espĂšce, de « bipĂšdes primitifs » avec « un sens de l'ego trop dĂ©veloppĂ© et une intelligence prĂ©tentieuse » (pour moi, pourquoi pas — mais en faire une gĂ©nĂ©ralitĂ© pour tout le monde, c'est honteux ! On ne mĂ©lange pas les torchons et les serviettes). Il a ensuite ajoutĂ© que le nom de leur espĂšce Ă©tait bien plus complexe mais qu'ils ont prĂ©fĂ©rĂ© l'abrĂ©ger Ă  une syllabe pour garder le maximum de masse cĂ©rĂ©brale humaine disponible pour de « vraies tĂąches ». Vous l'aurez compris : des gens trĂšs sympathiques.

Leur ambassade était remplie de babioles technologiques et spatiales trÚs démodées. Pour ceux que ça intéresse, j'en ai fait un article entier dans le Flu-gazette.

Mais je divague. Revenons au spot. AprÚs un incident diplomatique entre les Français et les aliens que je n'ai pas trÚs bien compris (je n'ai pas fait alien en LV2), les « To » ont décidé de plier bagage. Ils ont pris leurs cliques et leurs claques, leur immense vaisseau spatial, et ont claqué la porte de la Terre. Ils ne sont jamais revenus : bon débarras.

En attendant, la mairie a décidé de transformer leur ambassade en musée, exposant pour environ 10 euros l'intégralité du matériel de la race alien. Allez-y : c'est trÚs enrichissant, ce n'est pas trÚs cher (gratuit pour les moins de 26 ans ou les étudiants) et c'est à seulement quelques pas du Pont des Soyeux. Vous y découvrirez des pierres lumineuses de toute sorte, des armes incompréhensibles et une maquette de leur capitale sur leur exoplanÚte 34GB.

P.S. : Pour les premiers degrĂ©s ici prĂ©sents, je fais la promo du musĂ©e en utilisant le narratif recommandĂ© par leur PDF de presse. Je sais que je ne suis pas un modĂšle de stabilitĂ© mentale et de stoĂŻcisme, mais je n'ai quand mĂȘme pas perdu les pĂ©dales Ă  ce point (ceux qui y ont cru me vexent profondĂ©ment). L'Ɠuvre entiĂšre est le travail d'un artiste russe, Vladimir Macovobinov, Fluvilien dĂ©jĂ  connu pour son travail sur les statues du parc municipal ou certains ARG populaires sur Internet.

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Spot 6 — Patrimoine · AntiquitĂ©

Ruines romaines de Flugudum

Comment Ă©voquer Fluville sans parler de son passĂ© romain. À l'Ă©poque, Flugdunum — la ville — Ă©tait un point clĂ© Ă©conomique et stratĂ©gique au sein du lĂ©gendaire empire romain. Avant de s'effondrer, les Romains ont Ă©tĂ© polis et nous ont laissĂ© quelques traces de leur passage.

Ainsi, si vous allez dans les hauteurs de Fluville en prenant le mĂ©tro 4 puis l'arrĂȘt « Flucolline », vous pourriez observer ces vieilles ruines au glorieux passĂ© ! Le bĂątiment est incroyablement bien conservĂ© (bien mieux que moi) et on ne dirait pas que l'ensemble a deux mille ans !

Oh, et pour les fĂ©rus de savoir et de connaissance, il y a un musĂ©e — et vous voulez le meilleur : c'est gratuit ! Et oui, Monsieur ! C'est une nouvelle mesure de notre nouvelle maire (il en faut, des choses, pour rĂ©parer les bĂȘtises des deux prĂ©cĂ©dents).

Évidemment, si votre conscience se sent trop alourdie de cette science gratuite, vous pouvez toujours dĂ©penser une somme totalement abusive pour obtenir une boule de neige Flugudum ou une clĂ© USB statue romaine — mais dans ce cas, je vous invite juste Ă  leur faire un don sur leur site, il paraĂźt que les restaurations coĂ»tent bien plus cher qu'on ne l'imagine.

À noter : si vous ĂȘtes de passage l'Ă©tĂ© (ce qui est une idĂ©e suicidaire car le climat de Fluville est globalement celui de Bagdad il y a 50 ans), vous pourrez peut-ĂȘtre rĂ©server des concerts organisĂ©s chaque annĂ©e par plein d'artistes diffĂ©rents qui viennent performer directement dans l'amphithéùtre romain. Non franchement, la puissance Ă©pique de Rome avec l'orchestre de la modernitĂ© : le peuple n'est-il pas diverti ?

Je pensais ce spot intĂ©ressant — je l'avais omis dans le guide prĂ©cĂ©dent en pensant que beaucoup de gens avaient dĂ©jĂ  vu les ruines de Rome ou de Lyon (c'est oublier que tout le monde n'a pas les moyens de voyager, et je suis dĂ©solĂ© d'avoir pensĂ© Ă  travers mon prisme d'homme privilĂ©giĂ©).

Cela est donc maintenant corrigĂ© : les ruines sont prĂ©sentes dans ce guide. Vous me direz ce que vous en pensez — personnellement, ça me fait toujours un effet, mĂȘme si je passe devant pratiquement tous les matins pour rejoindre les locaux du Flu-gazette (pourquoi je ne prends pas le mĂ©tro ? Oh, vous le savez trĂšs bien).

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Spot 7 — MusĂ©e · Technologie

Musée de la robotique et de l'androïde

⚠ Robophobes, s'abstenir.

C'est un spot que je sais dĂ©jĂ  controversĂ©. Je vois les anti et les pro-Flusoft venir dĂ©fendre leur camp corps et Ăąme en transformant mon espace commentaire en champ de bataille. Rassurez-vous, pour ceux qui aimeraient me faire un point culture avant de me mettre leur poing dans la figure : je sais ! Je sais que ce musĂ©e est Ă©troitement (voire carrĂ©ment) liĂ© Ă  Flusoft. Que la plupart des bĂ©nĂ©fices partent peut-ĂȘtre dans un de leurs projets Ă  l'Ă©thique
 disons discutable.

Mais ici, je prĂ©sente un spot dans le cadre d'un guide touristique — c'est purement et simplement informatif. Je ne vous mettrai pas un pistolet laser sur le front pour vous forcer Ă  y dĂ©penser vos billets.

Je sais que certains d'entre vous ont une vision du tourisme et de l'exploration trĂšs philosophique — je pense que c'est tout Ă  votre honneur dans un monde oĂč d'immenses stations balnĂ©aires sont construites sur la pauvretĂ© locale — mais moi, je ne suis personne pour vous dire quoi faire. J'ai la prĂ©tention de ne pas avoir la prĂ©tention de dicter vos actes et vos choix. Donc je vais lister tout ce que vous pourrez faire et je vous laisse la responsabilitĂ© de dĂ©cider par vous-mĂȘme (c'est dĂ©jĂ  assez dur de s'occuper de ma propre Ă©thique, alors c'est presque par flemme que je vous laisse seul avec la vĂŽtre !).

FondĂ© en 2029, le musĂ©e de la robotique et de l'androĂŻde est une galerie privĂ©e qui expose et raconte l'histoire de la robotique, en particulier celle de Fluville. Pour s'y rendre, c'est trĂšs simple : prenez le tram T22 et arrĂȘtez-vous Ă  l'arrĂȘt « musĂ©e de la robotique et de l'androĂŻde » (les choses sont bien faites).

Vous pourrez y voir des prototypes d'androïdes autonomes de Flusoft (« Uncanny Valley » assuré !), mais aussi des plans d'ingénierie incompréhensibles mais trÚs plaisants à regarder (on se sent un peu comme un antagoniste).

Il y a mĂȘme une activitĂ© : contrĂŽler votre propre exosquelette. Ça a l'air vraiment bien, mais je ne pense pas que ce soit adaptĂ© Ă  la famille. Le musĂ©e dĂ©conseille mĂȘme la venue des enfants en dessous de 14 ans dans leur rubrique de presse. Vous voilĂ  prĂ©venus.

Moi personnellement, j'y suis allé une fois et je suis reparti aussi vite que Lacombe de son poste de maire quand j'ai vu qu'un robot étrange me regardait de travers.

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Spot 8 — Shopping · Insolite

Centre commercial de Fluville, le « Flumall »

Cher voyageur, chĂšre voyageuse,

Je sais ce que vous vous demandez depuis le dĂ©but de ce spot : oĂč est-ce que je consomme ? OĂč est-ce que je nourris le bon et gras systĂšme en place ? La rĂ©ponse est simple : Ă  Fluville, on a un super bĂątiment pour ça, un centre commercial nommĂ© avec un joli anglicisme — le « Flumall ».

Je lis dans vos pensĂ©es, lĂ , Ă  ce moment mĂȘme. Vous vous dites : il intĂšgre un centre commercial dans son fameux guide, mais c'est une honte ! Il a totalement vrillĂ©, le pauvre. Vous avez l'impression que j'ai profanĂ© un saint ouvrage et vous voulez me mettre sur le bĂ»cher des anges dĂ©chus.

Attendez mes explications. Oui, vous l'avez sans doute remarquĂ©, des immenses centres commerciaux il y en a partout. En fait, ce type de bĂątiment est mĂȘme associĂ© Ă  un gigantisme sonnant — personnellement, je ne me suis jamais dit « oh tiens, un petit centre commercial, tout petit, tout mignon ».

Donc en apparence, celui de Fluville ne dĂ©roge pas Ă  la rĂšgle : il est immense, lui aussi. Mais il l'est d'une maniĂšre qui lui est propre. Vous connaissez les espaces liminaux ? C'est un type d'esthĂ©tique trĂšs populaire dans les annĂ©es 2010/2020, nĂ© sur internet. Le mouvement s'inspire d'espaces gĂ©ants, artificiels et quotidiens pour crĂ©er de l'horreur dans laquelle le bĂątiment lui-mĂȘme est hostile. C'est ingĂ©nieux et je trouve ça vraiment flippant (je suis une flipette). Aujourd'hui, ce courant artistique est un peu dĂ©modĂ© mais survit dans une petite niche, surtout chez les gens de ma gĂ©nĂ©ration.

Sachez qu'un film est rĂ©cemment sorti : The Entre-deux States. Il parle d'un employĂ© banal qui se retrouve coincĂ© dans une version alternative de son magasin, traquĂ© par une entitĂ© mystĂ©rieuse et menaçante. Je n'ai pas vu le film (je n'ai pas le cƓur pour ça), mais il a eu un franc succĂšs et a Ă©tĂ© entiĂšrement « made in Fluville », puisqu'il a Ă©tĂ© tournĂ© essentiellement dans le « Flumall ».

Sachez Ă©galement que l'Ă©quipe de tournage du film sera prĂ©sente toute l'annĂ©e dans un local spĂ©cifique au « Flumall » — ils travaillent sur des effets de post-production et aimeront sans doute Ă©changer avec vous ou signer des autographes (tout le monde aime ĂȘtre une star).

Pour vous rendre au centre, c'est assez simple vu la taille absolument dĂ©lirante du bĂątiment : vous pouvez vous arrĂȘter Ă  « Flucentre A » mĂ©tro 2, « Flucentre B » mĂ©tro 3, « Flucentre C » mĂ©tro 4, ou « La Flute » mĂ©tro 5 (oui, je ne sais toujours pas pourquoi ils ont dĂ©cidĂ© de saboter leur propre sĂ©rie comme ça).

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Spot 9 — Gastronomie · Boisson

Le « Flusmoothie »

Pour les ventres bien spacieux qui ont survĂ©cu au Flu-Gourmet, voici la cerise sur le gĂąteau : le « Flusmoothie ». PrĂ©sent Ă  l'entrĂ©e du centre commercial cĂŽtĂ© A, cette enseigne propose — vous l'aurez devinĂ© (vous ĂȘtes trĂšs malins) — des smoothies !

Autant vous donner mon avis tout de suite, et je ne suis pas payé par l'enseigne (au passage, si l'un des responsables passe ici, je suis ouvert à tout partenariat) : les smoothies sont divins !

C'est probablement rempli d'ingrĂ©dients chimiques, mais je m'en fous — c'est sucrĂ©, c'est rafraĂźchissant, et ça rĂ©ussit le miracle de valoir les quatre heures de queue entre la sueur et les pleurs des gamins. C'est de la dopamine, mixĂ©e et compactĂ©e dans une boisson Ă©paisse de 70 cl.

Il y en a pour tous les goĂ»ts, dont certains m'ont fait Ă©carquiller les yeux quand je les ai vus sur la carte. Il y a d'abord les classiques — fraise, pastĂšque, banane, abricot — pour les puristes, puis des dĂ©clinaisons un peu plus osĂ©es comme le « concombre/menthe » ou le « turbo-malabar ». Ensuite viennent des goĂ»ts un peu absurdes, du genre « liminal space ». Si, si — pour surfer sur le grand succĂšs du film tournĂ© dans le mĂȘme lieu, ils ont lancĂ© ce goĂ»t. Je vous avoue que je ne sais pas vraiment quelle sensation ça peut produire en bouche. Pourquoi ne pas lancer des concepts philosophiques en boisson tant qu'on y est ? On pourrait lancer « Espoir », qui donne la pĂȘche, ou « Nihilisme », un peu piquant en bouche mais on s'en fout.

Enfin bref, l'Ă©quipe marketing du bĂątiment m'a laissĂ© confus, mais j'ai confiance en eux. J'Ă©tais prĂ©sent Ă  l'Ă©tĂ© 2038 le jour de leur ouverture et depuis, le succĂšs n'a jamais baissĂ©. Allez-y — c'est une expĂ©rience gustative comme il n'en existe plus. Pensez simplement Ă  ne pas prendre de dessert au Flu-Gourmet, et soyez prĂȘt Ă  affronter la horde et la foule si vous espĂ©rez boire le prĂ©cieux nectar.

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Spot 10 — Nature · MĂ©moire

Le parc des lumiĂšres disparues

Déjà présent dans l'édition 2030 des meilleurs spots de la ville fait par votre serviteur, le parc municipal a bien évolué cette derniÚre décennie.

D'abord, je voudrais rendre hommage Ă  Paul, qui a disparu dans un tragique accident en 2037. Je ne le connaissais pas personnellement, mais il paraĂźt qu'il voulait devenir journaliste aussi. Putain, la vie est la pire raclure que je connaisse.

Je ne dĂ©taillerai pas l'incident — on l'a dĂ©jĂ  bien assez entendu. Et pour les curieux, posez-vous dĂ©jĂ  la question : n'est-ce pas lĂ  de la curiositĂ© morbide ? Et si malgrĂ© ça vos pulsions continuent, allez simplement chercher ça sur internet, c'est trĂšs documentĂ©.

Donc, bref : le parc est superbe, il est parfaitement entretenu, il est d'une verdure flamboyante.

Tous les vendredis soir, vers 22h, des fleurs sont déposées prÚs de la tombe de Paul. Indirectement, il a contribué à faire de cet endroit un lieu magnifique.

Pour vous y rendre, il suffit de s'arrĂȘter Ă  l'arrĂȘt « LumiĂšre » mĂ©tro 2 — c'est aussi le centre de la ville. Si vous passez au printemps, l'Ă©tape des floraisons est sublime : le parc brille d'une palette de mille couleurs (attention, les allergiques aux pollens, n'y allez pas, au risque de visiter les urgences saturĂ©es de Fluville pour le prochain spot).

Ce parc a aussi un lac, oĂč vous pouvez, moyennant un peu trop cher, faire du pĂ©dalo. Vous pouvez aussi nourrir les diffĂ©rents anatidĂ©s : des canards, des cygnes, des oies — des piaf un peu espiĂšgles qui prendront volontiers votre quatre-heures sans mĂȘme vous remercier.

À noter que la ville organise aussi chaque annĂ©e depuis 2032 une course d'androĂŻdes, dont le but est de faire le tour du lac. C'est une sorte d'activitĂ© sportive pour geeks — c'est lunaire et sans intĂ©rĂȘt selon moi, mais chacun son avis.

Guide 2040 — Infos pratiques

Se déplacer à Fluville

Fluville dispose d'un réseau de transports en commun structuré autour de quatre lignes de métro.

Carte du métro de Fluville avec ses quatre lignes
Carte du mĂ©tro de Fluville — le rĂ©seau est complexe et dessert bien la ville, mais est d'une fiabilitĂ© trĂšs approximative.

Ligne 1 (verte) — Saint-Gersault ↔ Gare de Fluville

Ligne 2 (bleue) — Flucolline ↔ MusĂ©e de la robotique

Ligne 3 (jaune) — Archive rĂ©gionale ↔ Stade FFC

Ligne 4 (rouge) — ForĂȘt grise ↔ PĂ©riphĂ©rique Sud

Édition 2040 — Gastronomie

« Il ne faut pas vivre pour manger, mais manger pour vivre »

Socrate (ou Cicéron, je sais plus)

La nourriture ? N’y a-t-il pas meilleure motivation que le grand buffet qui attend le pĂšlerin au terme de son long voyage ? C’était une question rhĂ©torique, ne cherchez pas, il n’y a pas. Fluville est une terre contrastĂ©e, vous l’avez vu, l’histoire ancienne mĂȘlĂ©e Ă  l’histoire moderne, « entre tradition et modernitĂ© » comme on le dit bien trop souvent. Mais c’est aussi une ville connue pour sa bouffe exceptionnelle !

Alors, rien que pour le plus grand soin de vos papilles, j’ai concoctĂ© sur cette page une petite compilation des incontournables plats et merveilles locales. Vous trouverez Ă©galement toutes les informations pratiques pour vĂ©hiculer vos gros bidons vers les diffĂ©rents restaurants.

(Je vous laisse seul responsable des potentiel intoxication alimentaire, gastro et indigestion : ne soyez pas trop gourmand !)

Les 5 recommandations gastronomiques
1
Flugourmet · À quelques mĂštres du mĂ©tro Couffignal

1- L’antre-Cîte (Flugourmet)

Ah... Le Flu-Gourmet, je vous en ai dĂ©jĂ  parlĂ© dans ma rubrique spots, tellement ce lieu est devenu incontournable. Parmi toute cette nuĂ©e d'invitations gustatives, s'en distingue une, selon moi — et oui, c'est une prise de position : L’antre-CĂŽte !

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2
Flugourmet · À quelques mĂštres du mĂ©tro Couffignal

2- « La Flu-ûte » (Flugourmet)

DĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans ma rubrique spots — la « Flu-Ă»te » est la spĂ©cialitĂ© locale la plus cĂ©lĂšbre de la ville. C’est une tarte chaude, orangĂ©e, parfaite pour l’automne, garnie de champignons et de potirons.

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3
RĂ©volution Culinaire · À quelques mĂštres du mĂ©tro ForĂȘt grise

3- Les cendres de Flusoft (Révolution Culinaire)

Ce mets est un gĂąteau. PlutĂŽt gazeux, Ă  l’allure de tiramisu. Ne vous mĂ©prenez cependant pas, il s’agit bien d’une recette originale : Ă  la place du cacao, de la poudre de noisette orangĂ©e recouvre l’ensemble...

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4
Restaurant du musĂ©e gallo-romain · À quelques mĂštres de l’arrĂȘt Flucolline

4- Gùteaunum (Restaurant du musée gallo-romain)

Le « Gùteaunum » se présente donc comme une galette assez plate, avec un peu de texture ou de relief, assez minimaliste. Elle ne donne pas trÚs envie. Cependant, passer son chemin est une erreur...

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5
Restaurant du musĂ©e de la robotique · À l’arrĂȘt Ă©ponyme, tram T22

5- G.A.T.O 2000 (Restaurant du musée de la robotique)

Contrairement Ă  la plate galette qu’il veut concurrencer, le G.A.T.O 2000 est une pĂątisserie massive. Le gĂąteau est un cube, presque taillĂ© dans le mĂ©tal...

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Recommandation 1 — Flugourmet · À quelques mĂštres du mĂ©tro Couffignal

1- L’antre-Cîte (Flugourmet)

📍 À quelques mĂštres du mĂ©tro Couffignal.

Ah... Le Flu-Gourmet, je vous en ai dĂ©jĂ  parlĂ© dans ma rubrique spots, tellement ce lieu est devenu incontournable. Petit restaurant bucolique du centre-ville. Cette adresse propose une variĂ©tĂ© de plats immense pour si petite cuisine (j'Ă©tais allĂ© interviewer le cuistot, c'est Ă  peine si on a la place de tenir une poĂȘle), mais parmi toute cette nuĂ©e d'invitations gustatives, s'en distingue une, selon moi — et oui, c'est une prise de position : L’antre-CĂŽte !

Vous remarquerez le jeu de mot, et croyez-moi, il est loin d'ĂȘtre anecdotique. L’antre-cĂŽte est un plat complexe : vous le commandez, et on vous sert au premier abord une entrecĂŽte. Logique, me direz-vous.

Alors vous commencez votre dĂ©gustation. Une bouchĂ©e aprĂšs l’autre. Vous faites couiner la viande encore brĂ»lante sous le bout de votre fourchette, vous trempez un morceau dans la sauce aux Ă©chalotes faite maison. Vous mangez, encore et encore, gros glouton que vous ĂȘtes. Pourtant, trĂšs vite, vous remarquez le souci.

AprĂšs avoir charcutĂ© votre entrecĂŽte dans tous les sens et vous ĂȘtre rempli le gosier, vous la voyez toujours au plus grand de sa masse. EntiĂšre. Intacte. Comme si vous ne l'aviez jamais commencĂ©e.

C’est lĂ  que dĂ©marre « L’antre-CĂŽte ». Vous comprenez rapidement que cette chose n’est pas venue de notre monde. Ses proportions n’obĂ©issent pas aux mĂȘmes lois de la physique et, peu importe vos efforts pour la terminer, elle semblera toujours plus imposante, toujours plus profonde. Telle l’antre de quelque chose de bien plus grand.

C’est une sacrĂ©e expĂ©rience, c’est trĂšs rentable et c’est un peu flippant. Je mets cet objet au mĂȘme niveau que la pierre philosophale, le sabre laser ou les Anneaux de Pouvoir. Je n’ai jamais vu personne en venir Ă  bout, mĂȘme si une lĂ©gende locale raconte que seul l’inspecteur Fletcher Hobbles, dĂ©tective de la ville, en serait capable. Je n’y crois pas une seconde. Personne ne maĂźtrise la discipline du gloutonage mieux que moi, et si je n’y suis pas arrivĂ©, alors personne ne le pourra.

La direction offre d’ailleurs le repas gratuitement Ă  l’élu capable de le terminer. Ils savent aussi que c’est impossible, alors ils ne prennent pas trop de risques.

Autre fait surprenant, seul un client peut commander le plat à la fois. Il vous faudra donc réserver à l'avance sur leur site internet ou en leur passant un petit coup de fil au numéro dédié.

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Recommandation 2 — Flugourmet · À quelques mĂštres du mĂ©tro Couffignal

2- « La Flu-ûte » (Flugourmet)

📍 À quelques mĂštres du mĂ©tro Couffignal.

DĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans ma rubrique spots — que vous avez bien sĂ»r lue, non, vous la connaissez mĂȘme par cƓur (voire elle est encadrĂ©e chez vous, au-dessus de votre lit). La « Flu-Ă»te » est la spĂ©cialitĂ© locale la plus cĂ©lĂšbre de la ville. C’est une tarte chaude, orangĂ©e, parfaite pour l’automne, garnie de champignons et de potirons. Ce qui en fait d’office un plat extrĂȘmement difficile Ă  faire rentrer dans la bouche d’un enfant capricieux, mais ironiquement, car les meilleures choses sont souvent les pires, c’est aussi un plat avec une valeur nutritive exceptionnelle, et une rĂ©fĂ©rence pour les sportifs et adeptes du body-maxing (je n’en fais pas partie, j’ai dĂ©jĂ  le corps d’un dieu grec).

Une des particularitĂ©s les plus Ă©tranges de cette tarte vient en fait de sa forme. Pour une raison ou une autre, elle fait un mĂštre de long ! En contrepartie, elle n’est pas trĂšs large et ne contentera que quatre personnes. Pas la peine donc de ramener votre famille entiĂšre, des cousins Ă©loignĂ©s ou vos ancĂȘtres communs. Et n’y allez pas non plus seul, sauf si vous ĂȘtes Gargantua.

Cette longueur caractĂ©ristique lui a donnĂ© son nom de « Flu-Ă»te », un mot bricolĂ© Ă  partir de l’instrument Ă  vent oblong et du cĂ©lĂšbre prĂ©fixe de la ville.

Allez-y juste pour la taille ! Vous allez voir ! Messieurs, je ne prends pas trop de risques en vous affirmant qu’elle en a une plus grosse que vous.

Franchement, je vous la recommande. Mais lĂ  aussi, il va falloir rĂ©server : le plat est tellement imposant qu’il nĂ©cessite une table spĂ©cialisĂ©e.

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Recommandation 3 — RĂ©volution Culinaire · À quelques mĂštres du mĂ©tro ForĂȘt grise

3- Les cendres de Flusoft (Révolution Culinaire)

📍 À quelques mĂštres du mĂ©tro ForĂȘt grise.

Vous vous souvenez de ma blague sur l’explosion du siĂšge de Flusoft ? J’avais Ă©tĂ© un peu taquin, et je m’en Ă©tais un peu voulu. Mais visiblement, certains n’ont pas cette dĂ©licatesse, et il est difficile de leur en vouloir quand on voit que l’entreprise Ă©tait intrinsĂšquement liĂ©e aux derniĂšres dĂ©gradations de la ville et de la qualitĂ© de vie des Fluviliens et Fluviliennes (c’est bon, je parle comme un politique, achevez-moi).

Donc, aprĂšs le grand incendie puis l’explosion de leur siĂšge qui avait fait se pencher toute la ville Ă  son balcon, un petit groupe engagĂ© dans la campagne de la nouvelle maire a dĂ©cidĂ© d’ouvrir son propre restaurant : RĂ©volution culinaire.

Comme vous vous en doutez, si vous rentrez dans cette petite cabane en bois, type bĂ»cheron, au nord de la ville (au mĂ©tro ForĂȘt grise, c’est trĂšs excentrĂ©), vous serez dans le camp des rouges. Ici, chanteurs, groupes nĂ©o-punk engagĂ©s et girouettes Ă  gauche se cĂŽtoient. J’ai moi-mĂȘme mon avis sur le sujet, mĂȘme si ici, je vous offre l’information la plus factuelle possible (l’objectivitĂ© : le fantasme des journalistes ou l’excuse des bourreaux, vous savez...).

RĂ©volution culinaire est donc un restaurant qui vous annonce la couleur. Le rouge vous frappe dĂšs l’entrĂ©e, et leur logo Ă©voquant l’esthĂ©tique soviĂ©tique joue clairement lĂ -dessus. À l’intĂ©rieur, plusieurs plats sont intĂ©ressants — et surtout trĂšs drĂŽles Ă  entendre —, comme le cocktail « Les larmes de Lacombe » (attention, boisson salĂ©e). Mais parmi toute cette carte un peu excentrique et clairement politique, un plat se dĂ©tache du lot : « Les cendres de Flusoft », en rĂ©fĂ©rence bien Ă©videmment Ă  l’incident passĂ©.

Ce mets est un gĂąteau. PlutĂŽt gazeux, Ă  l’allure de tiramisu. Ne vous mĂ©prenez cependant pas, il s’agit bien d’une recette originale : Ă  la place du cacao, de la poudre de noisette orangĂ©e recouvre l’ensemble. Le cuistot m’a dit qu’il voulait Ă©voquer les flammes. DerriĂšre cette couche, de la crĂšme grise — un combinĂ© de yaourt grec et de rĂ©glisse —, le cuisinier voulait apparemment Ă©voquer la fumĂ©e. Tout au fond, vous retrouverez des petites billes, des sortes de dragĂ©es meringuĂ©es noires. Je ne sais pas ce qu’il y a dedans, mais le cuisinier voulait Ă©voquer les cendres.

VoilĂ  donc pour ce plat hautement symbolique, qui est dĂ©licieux d’étage en Ă©tage.

« Mieux vaut en manger qu’en pleurer », moi-mĂȘme.

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Recommandation 4 — Restaurant du musĂ©e gallo-romain · À quelques mĂštres de l’arrĂȘt Flucolline

4- Gùteaunum (Restaurant du musée gallo-romain)

📍 À quelques mĂštres de l’arrĂȘt Flucolline.

L’annĂ©e derniĂšre, lors de son bilan financier, le musĂ©e gallo-romain de Fluville s’est rendu compte d’une rĂ©alitĂ© matĂ©rielle bien triste : l’histoire est un marchĂ© comme un autre et ça ne se vend pas si bien que ça. Les gens se dĂ©sintĂ©ressent progressivement des vieilles reliques et des anciennes babioles pour toucher Ă  des choses plus actuelles (le musĂ©e de la robotique, qui offre sa concurrence Ă  proximitĂ©, y est sĂ»rement pour quelque chose). Pour essayer de renflouer des caisses bien trop vides Ă  leur goĂ»t, la direction a tentĂ© le tout pour tout et a dĂ©cidĂ© de crĂ©er un gĂąteau inspirĂ© de la gloire romaine : le GĂąteaunum.

Oui, j’ai levĂ© les yeux au ciel aussi quand j’ai vu ce nom, et j’imagine que des experts en Ă©tymologie se sont dĂ©fenestrĂ©s devant un tel rĂ©visionnisme historique. En effet, pour votre gouverne (car on apprend aussi sur cette rubrique), le mot « gĂąteau » en romain se disait plutĂŽt libum ou pastellum en latin plus argotique. Le mot choisi par le musĂ©e est donc un crachat au visage des passionnĂ©e d’histoire et quand on connaĂźt dĂ©jĂ  les dĂ©bats vifs qu’avait suscitĂ©s leur politique de rĂ©novation rĂ©cemment, on pourrait se dire que c’est la cerise sur le gĂąteau.

NĂ©anmoins, et bien que je partais avec des a priori fournis, le « GĂąteaunum » m’a conquis.

J’étais mĂȘme Ă©tonnĂ© d’une telle performance, et c’est sans surprise que j’ai appris que la ville avait en rĂ©alitĂ© sous-traitĂ© la crĂ©ation de ces dĂ©licieux petits plaisirs Ă  la cuisine du Flu-gourmet.

Le « GĂąteaunum » se prĂ©sente donc comme une galette assez plate, avec un peu de texture ou de relief, assez minimaliste. Elle ne donne pas trĂšs envie. Cependant, passer son chemin est une erreur, car c’est en la croquant qu’on dĂ©couvre le plein potentiel de la pĂątisserie. En effet, Ă  l’intĂ©rieur, c’est l’explosion de saveurs ! J’en ai pris une dizaine (pour pouvoir vous faire un compte rendu, Ă  vous, mes chers lecteurs) et c’est tout simple : je n’ai jamais rĂ©ussi Ă  ressentir la mĂȘme chose. Chaque itĂ©ration semblait avoir son propre goĂ»t. Une fois, j’ai senti de la fraise caresser mes papilles, une autre fois un subtil jus de banane, et sur le dernier, ma bouche a carrĂ©ment Ă©tĂ© mise en feu par un explosif cocktail molotov Ă  base de poivron et de piment.

Alors, le concept de bouffe « roulette russe » oĂč l’on ne sait jamais sur quoi on va tomber, ce n’est pas nouveau, mais ici ce n’est simplement pas le cas. La direction et le cuistot m’ont assurĂ© Ă  plusieurs reprises qu’une seule et unique recette unissait tout leur stock. Étrange. J’ai mĂȘme vu derniĂšrement sur Internet des thĂ©ories un peu farfelues, comme quoi le Flu-gourmet avait accĂšs Ă  une technologie militaire ou faisait des rituels paĂŻens dans ses cuisines surnaturelles. C’est ridicule, je crois que les gens ne savent plus quoi inventer.

Non, il y a une explication bien plus logique Ă  ce festival de saveurs qui semble dĂ©border de la galette : le musĂ©e d’histoire gallo-romaine explique qu’il a voulu rĂ©crĂ©er le sens de l’histoire dans cette friandise. Telle l’histoire, on prend un bout, on plante un croc, et Ă  chaque nouvelle bouchĂ©e, une nuĂ©e de sens, une nuĂ©e de sensations viennent Ă©veiller nos papilles avec une autre perspective.

Écoutez, je n’ai jamais Ă©tĂ© trĂšs bon en cuisine, ni en littĂ©rature, mais ce procĂ©dĂ©, je le trouve vachement chic.

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Recommandation 5 — Restaurant du musĂ©e de la robotique · À l’arrĂȘt Ă©ponyme, tram T22

5- G.A.T.O 2000 (Restaurant du musée de la robotique)

📍 À l’arrĂȘt Ă©ponyme, tram T22.

Si je devais faire l’avocat du diable et cĂ©der un seul et unique point Ă  la grande et horrible machine qu’est le systĂšme, c’est bien le fait que le libre marchĂ© gĂ©nĂšre la concurrence. Et qu’en plus d’ĂȘtre bĂ©nĂ©fique pour le consommateur, l’acheteur moyen peut aussi prendre du pop-corn et regarder, tel un CĂ©sar moderne (j’ai aussi visitĂ© le musĂ©e l’autre jour, je n’ai pas fait que manger des gĂąteaux), s’entredĂ©chirer ses marques prĂ©fĂ©rĂ©es dans des surenchĂšres ridicules qui mĂšnent bien souvent Ă  la destruction mutuelle.

Répondant donc au « Gùteaunum », le musée de la robotique a voulu confectionner son propre casse-croûte : le G.A.T.O 2000.

Le premier exploit de ce mets, c’est qu’il rĂ©ussit Ă  avoir un nom plus pourri que son concurrent, ce qui Ă©tait loin d’ĂȘtre une chose aisĂ©e. En effet, Ă  l’oreille, le produit fait plutĂŽt penser Ă  un aspirateur automatique, Ă  une carte graphique ou pourquoi pas, pour les plus imaginatifs d’entre nous, Ă  un robot-chat qui fait mĂȘme caca et pipi pour plus de rĂ©alisme. Mais dans aucun des cas, le spectre d’une vague idĂ©e de gĂąteau ne m’apparaĂźt en tĂȘte.

Quoi qu’il en soit, la prĂ©cĂ©dente recommandation m’a appris Ă  ne pas juger un livre Ă  sa couverture. Je me suis donc plongĂ© dans cette nouvelle expĂ©rience culinaire la tĂȘte la premiĂšre (pour vous, toujours), sachant bien qu’à Fluville, rien n’est comme ailleurs.

Contrairement Ă  la plate galette qu’il veut concurrencer, le G.A.T.O 2000 est une pĂątisserie massive. Issue une nouvelle fois d’une collaboration avec le Flu-gourmet (qui doit bien se frotter les mains en ce moment, je vous le dis), le gĂąteau est un cube, presque taillĂ© dans le mĂ©tal. La texture en aluminium ne fait pas envie non plus. Pire, elle ne donne mĂȘme pas l’impression que ce truc est comestible, et c’est ce qui m’inquiĂ©tait au dĂ©but. Cependant, le cuistot du Flu-gourmet prĂ©sent Ă  l’inauguration m’a convaincu d’en prendre une bouchĂ©e grĂące Ă  la technique diplomatiquement infaillible : l’avion.

J’ai donc ouvert en grand la bouche et j’ai goĂ»tĂ©. Et autant dire que, sans surprise, j’étais surpris (ça n’a aucun sens ce que j’écris)

Je m’attendais Ă  avoir un goĂ»t d’huile, de boulon, de grincement de porte (aucune idĂ©e du goĂ»t de ces choses ; si quelqu’un a dĂ©jĂ  goĂ»tĂ© l’un de ces trois Ă©lĂ©ments, qu’il m’envoie un mail depuis son lit d’hĂŽpital, son ressenti m’intĂ©resse). Mais en rĂ©alitĂ©, cette chose n’avait juste aucune saveur, aucun goĂ»t. Déçu, je me suis plaint au chef comme un enfant. Il m’a gentiment dit d’attendre.

Alors j’ai attendu. Une minute, puis une deuxiĂšme. L’étrange robot de l’accueil du musĂ©e me foutait les chochotes (j’ai toujours la phobie des androĂŻdes). Et alors que je m’y attendais le moins, mon ventre se mit Ă  vibrer. Je me suis dĂ©tendu et j’ai ressenti comme des picotements dans mon bidon. Ça ne fait pas trĂšs envie comme ça, mais je peux vous l’assurer : je ne m’étais jamais senti aussi bien ! Malheureusement, les effets se sont dissipĂ©s et je suis rentrĂ©, repu, le sourire aux lĂšvres.

Le chef du Flu-gourmet est sacrĂ©ment bon, ça ne m’étonne pas que toute la ville rĂ©clame ses services. Quant Ă  la thĂ©orie qui dit que c’est en rĂ©alitĂ© un robot dĂ©ployable qui masse les parois de l’estomac de l’intĂ©rieur avec ses petits bras et ses grands gants de boxe rouges


Je n’ai plus la patience. Je pensais que c’était le cannabis qui avait Ă©tĂ© rĂ©cemment lĂ©galisĂ©, pas la scopolamine.

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Guide 2040 — À propos de l'auteur

Mathieu Darnes

Je suis Mathieu Darnes, journaliste pour Flu-gazette, la meilleure info de Fluville. Je passe ma vie entiĂšre Ă  traquer l’information comme un gibier, Ă  tester des produits et Ă  dĂ©crire les Ă©vĂ©nements culturels pour le bien commun.. Mon travail Ă  Ă©tĂ© reconnu d’utilitĂ© publique par la ville en 2030, suite Ă  la publication de mon best-seller : le guide touristique de Fluville. Sinon, je n’ai pas d’enfant, mais avec ce projet et ce site, c’est tout comme.

Je suis aussi beau, presque jeune, talentueux, crĂ©atif, bourrĂ© d’originalitĂ©, avec une ambition dĂ©mesurĂ©e, un scepticisme infini sur les choses du quotidien et une naĂŻvetĂ© bĂ©ante sur les grands complots mondiaux.

(j’ai copiĂ© ma bio de mon profil sur Flulove par flemme, Ă  ce propos, je pense que l’application est mal codĂ©e, car je ne trouve personne
)

— Mathieu Darnes